Égilona, princesse franque en terre d'Islam

Juin 711 : Égilona, fille du roi mérovingien Childebert IV quitte Metz pour épouser l'héritier du trône des Wisigoths de Tolède. Elle a quinze ans, et elle est belle comme le jour... et rebelle. Elle est décidée à s'imposer dans cette Cour qu'elle sait cruelle, où s'affrontent, dans une lutte à mort, les ambitions rivales de la famille royale, de la noblesse et du clergé. Mais bientôt le roi Rodéric son époux doit affronter un ennemi auquel il ne songeait pas : la conquête arabe partie du Maghreb déferle sur l'Espagne ! Rodéric est tué sur les rives du Guadalete et la monarchie wisigothique disparaît de l'histoire. Parmi les destinées qui vont alors se croiser, celles d'Égilona, veuve de Rodéric, et d'Abd al-Aziz, le fils de Musa ibn Noçaïr, conquérant d'al-Andalus... Sur fond historique, Bernard Domeyne conte la singulière destinée d'Égilona et livre un roman dans la grande tradition picaresque. La religion, l'amour mais aussi le pouvoir : c'est la découverte des mondes méditerranéens qu'il nous invite à partager par les yeux de son héroïne. En donnant la parole à une femme d'exception, il délivre une saga au souffle incontestable.

464 pages  -  ISBN : 9782342158649  -  Romans historiques > Commander le livre
La presse en parle

Et s'il ne fallait choisir qu'une citation par livre…

Les polars…

« Je vais vous dire le grand secret : les hommes sont prêts à tout, vous m’entendez : jeûner le jour, manger la nuit, marcher à quatre pattes, se mutiler, vendre leur femme, prostituer leur fille, tuer leur fils, adorer un chien, et bien sûr tuer leur prochain, pourvu que vous leur disiez que leur vie a un sens. Et c’est sur ce fumier que poussent les religions, les idéologies… Et le terrorisme. »
Panne de cœur (2010)

« Les systèmes administratifs (...) sont essentiellement injustes. Comment pourrait-il en être autrement puisque nous sommes en démocratie, que la démocratie c’est d’abord la loi de la majorité, c’est-à-dire la loi du nombre… Or, rien n’est plus étranger à la justice. Avec ce qu’on lui fait dire à la France, avec quelques voix de majorité en séance de nuit à l’Assemblée nationale, les administrations se retrouvent à appliquer des textes qui sont tout, sauf justes. »
Petits meurtres entre énarques (2011)

« Je ne regrette pas ma jeunesse… Ma jeunesse, c’était le XXe siècle… Il faut le dire, le XXe siècle a été peu intéressant : le XIXe avait la conversation, le XXe a eu la dialectique, par exemple. Le XXe a eu Hitler, le XIXe avait eu Napoléon, ce qui était tout de même autre chose… Au XIXe les Trois Glorieuses, Lamartine et les Barricades de la Commune, au Xxe Mai 68, Cohn-Bendit et Jean Edern Hallier… Et je pourrais continuer indéfiniment… Non, décidément, je ne regrette pas ce méchant siècle. »
L’île des hommes-chiens (2010)

« Tous les mêmes… Même le plus gentil, comme toi… Vous rêvez tous d’être explorateur, de violer des territoires vierges, de conquérir le monde, d’aller dans les étoiles… Et que les femmes vous aiment, toutes les femmes, pour disperser votre semence comme tu viens de le faire… Vous reproduire à l’infini… Des gangsters, des proxénètes, des tyrans, voilà ce que vous êtes… »
Le crime de Loyasse (2010)

« Le purgatoire, ça doit ressembler à ça : tu es seul dans une salle de concert comme celle de l’opéra de Lyon, avec ces alvéoles noires… Des gens épars, isolés. Des portes ouvertes sur des couloirs étroits ; une lumière rouge sombre… Un rideau baissé. Des musiciens qui accordent leurs instruments. Une musique sans maître, inquiétante. Tu es mal assis. Et tu attends pour savoir si tu vas au paradis ou en enfer… »
L’île du Grand secret (2010)

« Que vous choisissiez médecin, avocat, trader, auteur à la mode, joueur de tennis, pilote de course, gourou d’une secte ou producteur de hard, le but est invariablement de faire du fric et de fourrer sa queue. »
L’Affaire Rovandowski (2013)

« Journaliste, c’est comme universitaire… Ce sont des métiers qui laissent beaucoup de temps libre, mon cher… Donc, on écrit. On écrit beaucoup, en fait. On sature l’édition. Et comme c’est nous qui parlons des livres…
— Ce sont les vôtres qui sont publiés. »
Meurtre au Lac du Signal (2014)

« Tu sais ce que j’admire le plus chez les hommes : leur capacité à éviter la culpabilité… C’est pour ça que je me suis faite fliquette : pour lutter contre ça : le nombre de mecs que j’ai coffrés, qui se disaient innocents, et qui le pensaient ! Et ce n’était pas par absence de repères, crois-moi : c’est dans les gènes ! »
Vacances trop mortelles (2014)

« L’époque n’est pas propice à l’épanouissement de fortes personnalités… Les débuts tumultueux de la Ve République, c’était autre chose : de Gaulle, la guerre d’Algérie, les barbouzes de l’OAS et des SAC, Mai 68, tout cela forgeait le caractère d’un flic. »
Casting d’enfer (2015)

« Pendant que les jeunes giscardiens travaillaient déjà sur “l’idée européenne ou comment détruire le modèle français”, et que les autres étaient dans un « droit à la différence » qu’ils présentaient comme de la modernité – les cons ! – ou dans un retour à la terre qui fleurait bon le Pétainisme, toi, tu œuvrais dans l’érudition… »
La Bête du Pilat (2015)

« Molière met en scène la folie d’Argan, son effrayant besoin de croire… aux médecins.
- Comme d’autres se jettent aujourd’hui… dans l’islamisme ?
- Exactement. Molière était un incroyant authentique : relisez ses pièces au travers de ce prisme : Harpagon vénère l’argent, Orgon idolâtre Tartuffe, Monsieur Jourdain est amoureux fou du titre de gentilhomme, etc. C’est leur besoin de croire en quelque chose qui les rend… inhumains, précisément. »
Les cœurs empoisonnés (2016)

« Personne ne respecte la loi ! On la fait, et les esclaves obéissent ! Les couloirs du Congrès américain, les couloirs de la Commission de Bruxelles, et tous les autres couloirs de toutes les assemblées où siègent ceux que les esclaves ont cru désigner pour les représenter sont pleins de lobbies. Ce sont eux, et eux seuls, qui font la loi ! En achetant les votes, en corrompant les élus, les fonctionnaires, en tuant parfois… Il y a même des pays, et non des moindres, où les représentants des lobbies sont ministres. Carrément ! Alors, ne me parle pas de respecter la loi. »
Meurtre au pays de l’Or Blanc (2017)

« Je vais devenir un vieux con, d’ailleurs je le suis déjà… Il m’arrive de me réveiller aux premières lueurs de l’aube et de voir la planète telle qu’elle est. Une pétaudière avec d’un côté des fanatiques religieux ou politiques corrompant et avilissant les âmes, de l’autre les gagnants de la mondialisation étalant leur richesse et leur autosatisfaction ; et au milieu, des masses illettrées et incultes, prêtes à suivre n’importe quel gourou pourvu qu’il leur promette la lune. »
Lady Presqu'Île (2019)

Riche et puissant, viril, aimé ou respecté, au volant d’une grosse limousine, il ne lui manquait même pas un divorce d’une femme devenue trop vieille et trop ennuyeuse, et un remariage avec une oie blanche, pour incarner la réussite à la française.
Seules ombres au tableau : une fille pute et un fils pédé.
Il eut un petit rictus, vite réprimé : tout ça, au fond, n’avait pas d’importance. Sa famille aurait même pu figurer dans les tabloïds : aux côtés de Paris Hilton ou de Marc-Olivier Fogiel, ils n’auraient pas déparé le lot.
Poulet explosif à la lyonnaise (2020)

Les romans historiques...

« Une régence n’est jamais chose facile. Il y en a eu avant moi ; il y en aura après. On leur reprochera ce que l’on m’a reproché : de tenir mon fils en tutelle ; de confisquer le trésor de l’État à mon profit ; d’avoir des favoris et de les couvrir d’or ; de coucher avec eux – comme si à trente-sept ans, j’étais condamnée à une vie de nonne – et de songer au pouvoir personnel.
Peu de régentes, sans doute, échapperont à la critique ; à moins d’être une sainte… Personne ne dira combien il est difficile pour une faible femme et son enfant mineur d’assurer la succession légitime au trône, au milieu des ambitions, des complots et des trahisons. »
Sobheya, princesse de Cordoue (2008)

« Le roi s’était approché des fenêtres ; il regardait le Tage.
— Des ignares… reprit-il. Haineux, obsédés par la pureté du sang, comme si, dès la conquête de l’Espagne par Tarik ibn Ziyad, les deux nations ne s’étaient pas mêlées ! Egilona, la propre veuve du dernier roi wisigoth Rodéric, est devenue l’épouse d’Abd el-Aziz, le fils de l’émir d’Ifriqiya Moussa Ibn Noçaïr, et elle fit souche d’émirs… Et le tribut des cent pucelles, qui remplit de chrétiennes les harems d’Andalousie, et qui fit que les califes de Cordoue étaient blonds, ou roux ! Et combien de mes ancêtres, à commencer par Alphonse Ier, qui prirent femme chez les Maures ! Mauregat des Asturies, le fils qu’il eut de sa Mauresque, lui succéda, pourtant !
— La pureté du sang et la religion ne sont que des prétextes, Sire…
— Bien sûr… L’ambition, toujours ! Mais il y aura des simples d’esprits ou des illuminés pour ajouter foi à ces fables, et pour suivre ces mauvais bergers…
Alphonse désignait le billet.
— La pureté, suprême mensonge… murmura le conseiller.
— Ah, mon pauvre Cidellus ! Pourquoi faut-il toujours qu’il se trouve des sots pour aimer les religions cruelles et allumer les flammes des bûchers ? »
Zaïda, les vents d’Espagne et d’Afrique (2010)

« Pas de telles niaiseries alors que c’est du sort de notre famille dont il s’agit ! Les Cassius remontent à Scipion l’Africain ! Nous, Romains, avons colonisé ce pays. Nos serviteurs sont des Ibères, dont les familles sont aussi vieilles que la nôtre. Cela fait huit siècles que nous sommes ici ! Nous avons adoré Jupiter olympien, puis sont venus les chrétiens et nous avons adoré le Christ. Aujourd’hui, nous allons embrasser l’islam. À chaque fois, nous n’avons pensé qu’à une chose : la famille ; nos gens ; à les protéger ; à servir le pouvoir en place ; à conserver notre fortune. C’est de cela, et seulement de cela, dont il s’agit !
Je sais ton attachement à la religion, mon fils. Mais après tout, les Arabes adorent le même Dieu que nous ! Ils disent simplement que Mahomet est son prophète. Son ultime prophète… Ce sont des conquérants. Les Berbères sont à peine islamisés… Ils ne sont là que pour la rapine. Pour voler les terres de ceux qui ont eu la sottise de leur résister ! Il nous faut être dans le camp des vainqueurs, toujours. Nous avons versé notre sang pour la République et les empereurs romains ; pour les rois wisigoths ; nous le verserons pour le calife de Damas, désormais. »
Égilona, princesse franque en terre d’islam (2016)

« J’ai longtemps conservé en mémoire l’image du visage grave que ma maîtresse avait ce matin-là. J’avais imploré Isis de me la graver dans l’esprit, afin de chasser l’autre image d’elle, celle qui venait dans mes cauchemars, celle de son corps martyrisé par la populace… et Isis dans sa miséricorde m’avait exaucée. Aujourd’hui je suis vieille ; et même si les traits de son visage s’estompent dans les brumes du souvenir, je sais que je la retrouverai bientôt, immuable, éternelle…
Je ne sais ce que ma maîtresse aurait pensé de ce qui est advenu depuis son supplice, elle qui ne jurait que par Athènes, mère des sciences, des arts et de la philosophie… Mais enfin puisque les chrétiens ont banni les dieux, il était dans l’ordre des choses que les dieux lèvent leurs mains de dessus l’Empire. Et aujourd’hui, l’Empire n’est plus…
À Alexandrie, comme dans tout l’Empire Romain et au-delà, on l’appelait la Philosophe ; mais pour moi, elle était et demeurera toujours Hypatie. Elle était ma maîtresse, et aussi j’ose le dire, mon amie malgré la différence d’âge ; elle avait quarante-cinq ans et moi douze à l’époque. Comme pour beaucoup de jeunes gens de ma génération, c’est elle qui m’a appris tout ce que je sais de la philosophie, avant que les ténèbres ne tombent sur le monde…
Et si mon histoire commence ce matin-là, c’est parce qu’alors a fini pour moi l’innocence, et que je suis sortie de l’enfance. La veille encore, je croyais aux fables : l’Empire immortel, les barbares derrière le limes… Ce jour-là, soudain, les nuages ont obscurci l’azur immaculé du ciel d’Égypte ; et en voyant le spectre de la mort se refléter sur le visage livide et déchiré d’Hypatie, j’ai réalisé que les barbares étaient déjà dans 22 les murs de la cité et que l’Empire tel que nous l’avions connu, la Rome immortelle, terre des armes et des lois, allait disparaître. »
Arsinoé d’Afrique 1 Civitas christiana (2013)

« Je repense souvent à la malédiction que j’ai lancée, ce 15 mars 415 à Alexandrie… Les dieux m’ont exaucée, et j’en suis heureuse, au fond. Je crois qu’à présent, ils ont définitivement fermé les portes de l’Olympe et qu’ils s’amusent sans nous. Ils se sont désintéressés de ces créatures qui se sont inventé un dieu unique à leur image, eux qui vivent parmi les faunes, les centaures, les sphinx et les hippogriffes… Nous avons cessé de les intéresser. Nous allons rester seuls avec cette autre image de nous-mêmes, ce Christ qui voulait tant d’amour, et qui mourut crucifié. Peut-être qu’Isis pleure en silence. Ou peut-être en sa divinité, s’amuse-t-elle du culte marial, si proche au fond de l’adoration d’Isis, bien que les chrétiens en aient chassé l’amour charnel qui déplaît tant aux disciples de Paul de Tarse… »
Arsinoé d’Afrique 2 Aurora barbarorum (2013)

« Je t’ai bien aimée, Laure… à l’égal de mes autres filles, tu sais ?
– Je sais.
– Bien que chrétienne… Tu m’as compliqué la vie, mais je ne regrette rien. Comment prétendre à l’universel, si l’on n’admet pas la différence auprès de soi ?.. Ma pauvre Flore, notre fille… Je vais bientôt la retrouver… Comme c’est triste de voir mourir son enfant avant soi… Comme tout aurait été plus beau, si l’émir n’avait pas pris ce texte… Tu vois, j’avais cru que musulmans, juifs, chrétiens, tous danseraient sur ma musique, dans la joie universelle… Mais ce n’était qu’un rêve…
– Un jour, peut-être, ce rêve renaîtra. Et alors, on célébrera ton nom, Ziryâb.
– Tu crois ? Tu crois vraiment ?
– J’en suis certaine.
– Je n’aurais donc pas vécu… pour rien ?
– Ta musique restera. Ta musique renaîtra. Ta musique triomphera. »
Les Martyrs de Cordoue (2019)
Posté le 13/08/2020 07:55:54 Réaagissez à cet article
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